Le football Camerounais: de l’idolâtrie à l’apostasie ?

 

sanstitre1.bmpDans le journal de l’association des étudiants de l’université de Lausanne n° 47 mai 2010 un article, provocateur bien sûr, avait comme titre: Le football a-t-il pris Dieu en otage?

Si dans certains cieux la réponse à cette question est « NON« , au Cameroun ce n’est pas le cas. Le football a, non seulement pris Dieu en otage, mais l’aurait remplacé: toutes les prières, les prédications et les réunions avaient comme objet l’équipe nationales, les Lions indomptable en compétition en Afrique du Sud. On parlerait même du culte de foot.

Dans les rues de Yaoundé, certains joueurs étaient nommés « Idoles« .

Et pourtant, l’échec des Lions indomptables devant le Danemark ce samedi 19 juin 2010 consacre l’apostasie des Camerounais vis-à-vis de leurs idoles. Ceux qui étaient appelés Idoles ce matin, sont vomis par leurs supporteurs jusqu’à être qualifiés des « invalides« .

La question que suscite cette apostasie sportive au Cameroun c’est de savoir si les Camerounais sont des sportifs ou des simples fanatiques.

Il est anormal de vomir l’équipe nationale comme si le Cameroun était le seul pays dont l’équipe nationale est éliminée au premier tour du mondial 2010.

 

 

 

Quand l’éthique du sport fait défaut

Bagarre généralisée entre étudiants de l’ISC et ceux de l’ISTA. Tel est l’un des titres publiés par radiookapi.net  ce lundi 14 juin 2010.

Selon radiookapi.net la bagarre a eu lieu, lors du match de foot organisé sur le terrain de l’ITI samedi 12 juin, entre les étudiants des deux institutions universitaires de la RD Congo. Le bilan de cette bagarre fait état de plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels.

L’on se souviendra qu’en RD Congo le déficit de la culture juridique a développé la culture de violence et de casse comme si la violence était le seul moyen de revendication de ses droits violés. Pire encore, radiookapi.net fait écho de l’utilisation des armes blanches et autres matériels tranchants comme si la bagarre était préméditée.

Tel père, tel fils.

Même si le Ministre de l’ESU, Mashako MAMBA condamne l’incident, l’on se souviendra qu’en RD Congo, les députés et les supporteurs des équipes de foot se bagarrent sans honte ni remord. Si les pères se bagarrent, en quoi est-il étonnant  que leurs fils se bagarrent aussi?

Il est donc temps de développer une éthique du sport en RD Congo si l’on veut que le sport reste le connecteur dans ce pays où la donne identitaire est fortement mobilisée par le politique.

 

 

Kinshasa, l’ancienne Jérusalem?

La situation des Droits de l’Homme en République Démocratique du Congo fait allusion à l’ancienne Jérusalem qui tuait les prophètes.

Lorsque la voix des sans voix est tue, l’on se demande si Kinshasa n’est pas Jérusalem qui tuait les prophètes. Et pourtant, la situation actuelle de la RD Congo n’a rien de différent avec celle d’Israël sur le plan de la situation des Droits de l’Homme.

Amos, Esaïe, Jérémie et bien d’autres prophètes ont montré le danger qui guète un peuple lorsque c’est l’Etat qui est le premier à violer les Droits de ses citoyens. Il est anormal, si pas honteux d’entendre que la haute hiérarchie de la Police Nationale Congolaise est impliquée dans l’assassinat du responsable de l’ONG la voix de sans voix M. Floribert Chebeya. Et pourtant, c’est la police qui est sensée protéger les citoyens et leurs biens.

Est-ce une preuve de plus de la défaillance de l’Etat en RD Congo?

Ce qui frustre davantage les esprits au pays de Lumumba c’est de voir , non seulement que la police est impliquée dans le meurtre de l’activiste des Droits de l’Homme, mais c’est aussi le fait que c’est encore une autre autorité de la police dans la ville de Kinshassa qui truque et embrouille les enquêtes que mène l’Etat.

Et si c’est à Kinshasa, la capitale, que se passent des tels assassinats, l’on se demande quelle est la situation dans les Provinces où l’Etat ne contrôle rien et où sa présence est quasi absente?

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Affirmation de soi, oubli de soi, don de soi

JOURNEE DOCTORALE du 12 décembre 2008 à l’Université de Genève

 Affirmation de soi, oubli de soi, don de soi  Peut-on en finir avec Eros ?

Commentaire à partir des remarques de Barth contre Nygren 

La journée de troisième cycle organisée le 12 décembre 2008 à Genève sur l’ouvrage de Nygren au sujet de l’Agapè était riche en présentation et échanges. 

Cependant, deux fossés ont été constatés dans la conception Nygrenienne de l’agapè qui valent la peine d’être comblés. Ces deux fossés sont respectivement d’ordre théologique et anthropologique: 

 -   La question de la gratuité de l’amour de Dieu, d’un Dieu qui aime sans attendre en retour, et

 -   La question de la possibilité pour l’homme d’aimer comme Dieu, sans intérêt, sans attendre quelque chose  en retour. 

Par rapport au premier fossé, l’observation à adresser à Nygren c’est d’avoir abordé la question de l’amour de Dieu dans un seul regard, moral, même pas éthique, et ignorer l’économie du salut en théologie systématique. Si Dieu aime l’homme gratuitement, ce n’est pas dans le sens de ne rien attendre en retour : Il attend de l’homme la foi. Cette conception de la gratuité de l’amour de Dieu est à comprendre dans le combat de la place des œuvres et de la foi dans le processus du salut, surtout dans l’économie de la grâce si l’on s’en tient à l’approche dispensationaliste en théologie systématique. Le danger que présente cette théorie nygrénienne de la gratuité de l’amour de Dieu est de consolider l’indifférence de l’homme vis-à-vis de la foi en Jésus ou en Dieu sous prétexte que Dieu l’aime gratuitement et par conséquent il peut demeurer indifférent à l’œuvre de la croix. Si Dieu nous aime sans rien nous demander au préalable, le but de son amour c’est de nous amener au salut. Autrement dire, Dieu attend de nous la foi et l’adoration. Si l’incarnation de Dieu en Jésus Christ a pour but de sauver l’humanité, la Bible reste cependant claire sur le fait que Dieu attend de l’homme l’adhésion par foi, faute de quoi, les incrédules seront punis de Dieu à la parousie (Jean 3 :16). 

Par rapport à la question anthropologique, l’erreur de Nygren est de faire taire la sensibilité humaine. L’homme a des sentiments qui interviennent toujours dans son action. Je serais tenté de parler d’un utilitarisme humain qui se souci toujours de la question de forme de Quoi ou qui aimer et pourquoi l’aimer. Loin d’être diabolisé, cet utilitarisme humain trouve son soubassement dans sa nature : constitué du leb ou lebab, lieu de sentiment et des besoins humains, ce serait ignorer sa nature que de demander à l’homme d’aimer comme Dieu. Dans ce cas, il ne serait plus homme et Dieu cesserait d’être Dieu. Pour combler les deux fossés, nous pensons qu’il faut chercher la jonction en l’éthique de responsabilité dans la perspective bonhoefferrienne qui parle de la Substitution[1]. L’homme ne peut être capable d’aimer  sans intérêt que lorsqu’il se sent responsable et se substitut à l’autre (qu’il s’agisse de la personne humaine ou d’autres créature. 

Dans l’un de nos articles en l’éthique du désordre sur «le rôle du désordre dans l’attachement de Dieu à la création[2] », nous avions montré que si Dieu se souci encore de la création aujourd’hui, c’est parce qu’Il se sent responsable de vis-à-vis d’elle et d’elle. La révolte de l’homme, sa désobéissance et son chaos ont toujours interpellé Dieu qui intervient dans la situation de la création sans que celle-ci ne fasse recours à lui. Cette pensée est partagée par Jean Paul Gabus[3] dans Amour fou de Dieu pour sa création. Croire en un Dieu créateur, et libérateur.  C’est seulement lorsque l’homme se sentira responsable de soi et de l’autre qu’il sera capable d’aimer comme Dieu dont l’amour agit avant la réponse positive de l’aimé à son amour. 

Junior Kitoka Moke Mutondo

Doctorant en éthique politique et chercheur à l’UNIL.




[1] D. BON HOEFFER, 1989,  Ethique, Labor et Fides, Genève, pp. 59ss

[2] Junior Kitoka Moke Mutondo, « Le rôle du desordre dans l’attachement de Dieu à la création » in Aurore n°4, 2001, pp 32-49 

[3] J.P GABUS, 1991, Amour fou de Dieu pour sa création. Croire en un Dieu créateur, et libérateur, Les bergers et les mages,  150 p

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