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Affirmation de soi, oubli de soi, don de soi

JOURNEE DOCTORALE du 12 décembre 2008 à l’Université de Genève

 Affirmation de soi, oubli de soi, don de soi  Peut-on en finir avec Eros ?

Commentaire à partir des remarques de Barth contre Nygren 

La journée de troisième cycle organisée le 12 décembre 2008 à Genève sur l’ouvrage de Nygren au sujet de l’Agapè était riche en présentation et échanges. 

Cependant, deux fossés ont été constatés dans la conception Nygrenienne de l’agapè qui valent la peine d’être comblés. Ces deux fossés sont respectivement d’ordre théologique et anthropologique: 

 -   La question de la gratuité de l’amour de Dieu, d’un Dieu qui aime sans attendre en retour, et

 -   La question de la possibilité pour l’homme d’aimer comme Dieu, sans intérêt, sans attendre quelque chose  en retour. 

Par rapport au premier fossé, l’observation à adresser à Nygren c’est d’avoir abordé la question de l’amour de Dieu dans un seul regard, moral, même pas éthique, et ignorer l’économie du salut en théologie systématique. Si Dieu aime l’homme gratuitement, ce n’est pas dans le sens de ne rien attendre en retour : Il attend de l’homme la foi. Cette conception de la gratuité de l’amour de Dieu est à comprendre dans le combat de la place des œuvres et de la foi dans le processus du salut, surtout dans l’économie de la grâce si l’on s’en tient à l’approche dispensationaliste en théologie systématique. Le danger que présente cette théorie nygrénienne de la gratuité de l’amour de Dieu est de consolider l’indifférence de l’homme vis-à-vis de la foi en Jésus ou en Dieu sous prétexte que Dieu l’aime gratuitement et par conséquent il peut demeurer indifférent à l’œuvre de la croix. Si Dieu nous aime sans rien nous demander au préalable, le but de son amour c’est de nous amener au salut. Autrement dire, Dieu attend de nous la foi et l’adoration. Si l’incarnation de Dieu en Jésus Christ a pour but de sauver l’humanité, la Bible reste cependant claire sur le fait que Dieu attend de l’homme l’adhésion par foi, faute de quoi, les incrédules seront punis de Dieu à la parousie (Jean 3 :16). 

Par rapport à la question anthropologique, l’erreur de Nygren est de faire taire la sensibilité humaine. L’homme a des sentiments qui interviennent toujours dans son action. Je serais tenté de parler d’un utilitarisme humain qui se souci toujours de la question de forme de Quoi ou qui aimer et pourquoi l’aimer. Loin d’être diabolisé, cet utilitarisme humain trouve son soubassement dans sa nature : constitué du leb ou lebab, lieu de sentiment et des besoins humains, ce serait ignorer sa nature que de demander à l’homme d’aimer comme Dieu. Dans ce cas, il ne serait plus homme et Dieu cesserait d’être Dieu. Pour combler les deux fossés, nous pensons qu’il faut chercher la jonction en l’éthique de responsabilité dans la perspective bonhoefferrienne qui parle de la Substitution[1]. L’homme ne peut être capable d’aimer  sans intérêt que lorsqu’il se sent responsable et se substitut à l’autre (qu’il s’agisse de la personne humaine ou d’autres créature. 

Dans l’un de nos articles en l’éthique du désordre sur «le rôle du désordre dans l’attachement de Dieu à la création[2] », nous avions montré que si Dieu se souci encore de la création aujourd’hui, c’est parce qu’Il se sent responsable de vis-à-vis d’elle et d’elle. La révolte de l’homme, sa désobéissance et son chaos ont toujours interpellé Dieu qui intervient dans la situation de la création sans que celle-ci ne fasse recours à lui. Cette pensée est partagée par Jean Paul Gabus[3] dans Amour fou de Dieu pour sa création. Croire en un Dieu créateur, et libérateur.  C’est seulement lorsque l’homme se sentira responsable de soi et de l’autre qu’il sera capable d’aimer comme Dieu dont l’amour agit avant la réponse positive de l’aimé à son amour. 

Junior Kitoka Moke Mutondo

Doctorant en éthique politique et chercheur à l’UNIL.




[1] D. BON HOEFFER, 1989,  Ethique, Labor et Fides, Genève, pp. 59ss

[2] Junior Kitoka Moke Mutondo, « Le rôle du desordre dans l’attachement de Dieu à la création » in Aurore n°4, 2001, pp 32-49 

[3] J.P GABUS, 1991, Amour fou de Dieu pour sa création. Croire en un Dieu créateur, et libérateur, Les bergers et les mages,  150 p

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